Karolinda

, par Gilles Chevriau

Émoi minéral

Des visages. Une même direction de regards ou une interrogation commune
et bienveillante ; des circuits comme des possibilités de connexion, d’échanges,
de partages. Parfois, une violente frontalité, violente comme une affirmation mais sans négation : une violence féminine prête à mordre l’ennemi(e) pour mieux protéger l’ami(e). L’écho d’une ancestrale passion, d’une ancestrale pulsion : une chose à faire sans attente, non pas pour survivre mais pour vivre.
Tout passe par le regard, même dans la nuit noire du désespoir là où le corps
morcelé réintègre son unité, patiemment bardé d’or. À l’heure des réminiscences, chants et danses Vaudou sont convoqués pour mieux terrasser la duplicité, à jamais. D’une féminité arrachée à l’incompréhension - simplement elle-même - dans la magnifique urgence de sa liberté, à vif. À l’instant où la pierre se fait tendre et que toute mémoire minérale est bonne à entendre.

Claude Postel

Biographie :

karolinda née Linda caro à Gonesse (val-d’oise ) en 1959.
à l’âge de quatre ans, premier voyage à Montréal (Québec).
Cours au conservatoire d’art dramatique de Bordeaux, abandon la même année de ses études scolaires.
Succession de petits boulots, voyages en Europe ainsi qu’en Asie( tournant décisif suite à ses retrouvailles avec le continent indien !).
Année 2000-2001, cours d’expression libre picturale avec Alain Ballereau, artiste peintre.
Réveil de l’énergie créative conduisant rapidement à un désir d’indépendance.
premières peintures abstraites et très vite premières expositions.
Elle choisit d’habiter le presbytère de Trébaix (Villesèque) dans le Lot.
Émergences de têtes enfouies dans l’inconscient, visages récurrents retrouvés dans les décombres de la mémoire. jaillissement profond de l’éveil( poésie-lecture, etc ), ateliers danse contemporaine, explosions de l’esprit buissonnier !

Quelle démarche, comment exprimer ?
dans son regard, le monde et le sien, en connivence, en confrontation, en couleurs, en noir et blanc.
Cartons, toiles, feutres, acrylique, pastels, craies, encre de chine, tout est sujet à la naissance, au chant, à la danse !
Que de chemins de traverse !

Il lui semble que le mot « démarche » ne lui corresponde pas, ce serait plutôt une sorte de marche inhérente à la vie , comme on respire, on crée !